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Avez-vous déjà entendu parler de lieu de contrôle ou de locus de contrôle ? Il y a de grandes chances que non ! Tout comme moi d’ailleurs… Il y a encore quelques semaines. Si je résume le concept : quand vous pensez que les résultats que vous obtenez sont dus à vos performances : vous avez un locus interne. Lorsque vous estimez qu’ils sont uniquement dépendants de facteurs extérieurs : vous avez un locus externe.

Ayant découvert combien cette notion est utile pour cerner la personnalité d’un sujet, j’ai demandé à une experte en psychologie sociale et coach, Michèle David, de nous en dire un peu plus !

Locus ou lieu de contrôle (LOC)

Pendant très longtemps, les psychologues ont pensé que lorsqu’un sujet obtient un résultat positif en retour de ses actions, il est mécaniquement encouragé à poursuivre ses efforts. En somme, sa conduite est directement liée aux conséquences de ses actes. 

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Cette manière de raisonner était héritée des théories de Skinner, professeur de psychologie américain, fervent défenseur d’un béhaviorisme radical (méthode qui s’appuie uniquement sur l’observation objective du comportement humain). L’individu était alors considéré comme une machine qui apporte une réponse automatique. De là au conditionnement, il n’y avait qu’un pas. C’était l’époque où certains managers s’appuyaient sur ces concepts pour instaurer dans l’entreprise des comportements basés sur une rigueur quasi militaire. Les dérives de cette méthode ont causé beaucoup de dégâts et entraîné un épuisement professionnel chez certains sujets.

Il faudra attendre les années 1960 pour que Julian Rotter propose une tout autre façon de penser l’individu. Il définit alors le concept du locus de contrôle (LOC). Ce lieu de contrôle traduit la manière dont chacun attribue les résultats qu’il obtient dans la vie, c’est-à-dire ses succès et ses échecs. Ainsi, il peut estimer qu’ils sont dus à ses performances (locus interne) ou qu’ils sont la conséquence des actes d’autrui, voire du destin (locus externe).

Le locus interne

Une personnalité avec un locus interne impute ses résultats à des causes seulement internes. Elles peuvent être stables (ses compétences) ou instables (ses efforts). 

Prenons un exemple dans la vie d’un étudiant doté d’un locus interne. S’il passe un examen et qu’il réussit, il va uniquement attribuer son succès aux heures qu’il a consacrées à se pencher sur ses révisions. S’il rate, il considèrera que son échec est dû à un manque de travail et cela renforcera sa volonté de travailler encore plus sérieusement pour la prochaine session. À aucun moment, il ne lui viendra à l’idée que le sujet était particulièrement difficile à traiter ou qu’il n’était pas en très grande forme ce jour-là.

L’inconvénient d’avoir une personnalité à fort locus interne réside dans le fait qu’on peut perdre confiance en soi si l’on accumule les échecs. On n’est pas en mesure de faire la part des choses entre sa responsabilité et les circonstances extérieures qui sont indépendantes de sa volonté.

Le locus externe

Comme vous devez vous en douter, une personnalité avec un locus externe réagit d’une manière totalement différente. Si l’on reprend l’exemple ci-dessus, l’étudiant attribuera son succès à une cause externe instable (le hasard) — le correcteur de sa copie devait être particulièrement indulgent. S’il échoue, il invoquera une cause externe stable (la difficulté du sujet à traiter) — les questions ne figuraient pas au programme.

Généralement, on constate que les personnes à fort locus externe ne progressent pas aisément. En effet, partant du principe que rien n’est de leur fait, elles oscillent entre réussite et échec, sans s’interroger sur le poids de leur propre investissement.

Lieu de contrôle interne.

Le locus de contrôle dans la sphère du travail

Dans la vie professionnelle, il est fréquent qu’un recruteur tente de déterminer votre type de locus lors d’un entretien d’embauche. Cela peut être également le cas pendant une évaluation annuelle.

Si l’échelle de Rotter était unidimensionnelle et aboutissait à une conclusion trop binaire : vous avez un locus interne ou vous avez un locus externe, il existe à présent des échelles plus affinées, particulièrement bien adaptées au monde professionnel. 

Parmi le panel des outils d’évaluation mis à la disposition des évaluateurs, on trouve des tests largement inspirés de l’échelle de Rotter, comme le MLSCT (échelle multidimensionnelle de locus de contrôle spécifique au travail). 

Le MLSCT comporte 12 items et quatre dimensions (interne, collègues, supérieur et chance). Il s’agit de découvrir quel lien fait un employé entre ses soft skills et les résultats qu’il obtient.

Voici quelques exemples d’affirmations qui peuvent vous être proposées lors de la passation du test :

1. Dans mon travail, c’est mon propre comportement qui détermine si je vais réussir.

2. Je peux éviter d’avoir des échecs dans mon travail grâce au comportement de mes collègues.

3. Mon manager a beaucoup à voir avec le fait que je réussisse ou pas dans mon travail.

4. La plupart de mes réussites dans mon travail sont dues à la chance.

La phrase n° 1 montre sans conteste un locus interne. Les phrases n° 2 et 3 correspondent à un locus externe modéré puisque la réussite ou l’échec sont considérés comme dépendant des autres, mais seulement en partie. Quant à la phrase n° 4, elle est tout à fait représentative d’un pur locus externe

Locus interne versus locus externe

S’il apparaît évident qu’un locus externe entièrement axé sur le facteur « chance » n’est pas le profil du candidat idéal, un locus interne est un bon indicateur d’une capacité de prise d’initiatives et de remise en question. Et ces deux atouts sont incontestables pour la réussite professionnelle.

Cependant, il faut être prudent et considérer que les personnalités extrêmes présentent des risques. Ainsi, un sujet avec un locus interne très fort peut s’imaginer qu’il n’a besoin de personne pour accomplir de l’excellent travail. Il sera alors difficile de l’intégrer dans une équipe. Savoir faire appel à ses collègues et accepter de progresser grâce aux conseils de son manager sont des états d’esprit très positifs qui peuvent assouplir un locus à forte tendance interne.

Et vous, quel est votre locus ? N’hésitez pas à nous communiquer votre témoignage sur la fiche “contact” !

Source : https://lrcs.uqam.ca/wp-content/uploads/2017/04/Validation-dune-{a6929fb092d7dcca55610cdf12809b209def2c10020c8f62455bf34950825a04}C3{a6929fb092d7dcca55610cdf12809b209def2c10020c8f62455bf34950825a04}A9chelle-courte-et-multidimensionnelle-de-locus-de-controle.pdf

Validation d’une échelle courte et multidimensionnelle de locus de contrôle spécifique au travail (MLCST)

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