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Savoir dire non

Contrairement à une idée répandue, dire NON dans le milieu professionnel (tout comme dans la sphère personnelle d’ailleurs) n’est pas un signe de faiblesse, de renoncement ou de rejet, mais une preuve de gouvernance de soi-même et un gage de crédibilité.

La route du succès consiste aussi à savoir dire non. Pas pour le plaisir de contredire, mais bien pour garantir l’atteinte de vos objectifs, ceux sur lesquels vous allez passer 20 {a6929fb092d7dcca55610cdf12809b209def2c10020c8f62455bf34950825a04} de votre temps et qui vous rapporteront 80 {a6929fb092d7dcca55610cdf12809b209def2c10020c8f62455bf34950825a04} de résultats.

La Loi de Pareto « 80/20 » est très importante à comprendre, car elle aide à diminuer toutes les tâches où vous ne créez que peu de valeur. Elle conduit à 3 règles simples d’efficacité (hiérarchiser ses priorités, déléguer un maximum et… apprendre à dire NON, même à son manager).

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Que risque-t-il de se passer si vous ne savez pas dire non ?

Refuser un poste ou une nouvelle mission n’est pas chose facile. Et ce particulièrement chez les femmes qui souffrent encore très souvent du complexe de la bonne élève — ce qui d’ailleurs les cantonne à être de parfaits numéros 2.[1]

Je pense ici à Anna. Anna est responsable de la mise en place du système de gestion des processus de son entreprise (PMS). Les enjeux sont importants pour l’entreprise, car il s’agit d’assurer sa pérennité par une excellence dans la gestion des processus. Et ils le sont aussi pour son équipe, nouvellement constituée, qui doit prouver sa légitimité.

Pourtant, le manager d’Anna lui demande de prendre la direction d’un projet transverse. Complètement accaparée par ce challenge, Anna n’a plus le temps de superviser son équipe, de participer aux réunions transverses et le PMS périclite.

Mauvais concours de circonstances, décision est prise par la société mère de céder la filiale d’Anna. Dans l’attente de la reprise par un nouvel investisseur, seules les activités courantes nécessaires au bon déroulement des opérations continuent, toute autre initiative est suspendue, puis annulée. C’est le cas pour le PMS.

Anna est alors critiquée par ses équipes qui lui reprochent de ne pas avoir su défendre leur périmètre, mettant ainsi en risque leurs postes, leurs compétences et leur employabilité. Manager d’une coquille maintenant vide, Anna est aussi en danger dans l’organisation tandis qu’un plan de départ est en discussion. Le prix à payer est énorme pour Anna qui ne cherchait qu’à bien faire.

apprendre a dire non

Pourquoi est-il nécessaire de savoir dire non ?

Savoir dire non est donc parfois incontournable pour soi-même, pour son équipe et/ou pour l’entreprise.

Pour ce faire, il est important de lever ses blocages en comprenant quelles sont les raisons qui peuvent vous amener à dire non et savoir comment procéder.

Le but n’est évidemment pas de tout refuser, au risque d’apparaître pour un rebelle ou pire, un élément nuisible à l’entreprise.

Mais, n’oubliez pas que dire oui doit se faire avec parcimonie et de manière bien choisie au regard de deux risques :

Premier risque

Il est personnel, car en disant oui à toute sollicitation, le risque de la dilution vous guette :

  • Diluer votre temps et votre énergie risque de vous empêcher d’atteindre vos objectifs, ou alors de faire un burn out.
  • Diluer vos compétences présente le danger de les disperser et de perdre ainsi toute la cohérence de votre profil et de votre employabilité. L’agilité et la polyvalence sont certes des qualités de plus en plus fondamentales, mais là encore, il ne s’agit pas de dire oui à tout.

Second risque

Il est systémique. S’agit-il de passer un pic d’activité ou d’un besoin récurrent ? Dans le deuxième cas, accepter sans en clarifier le contexte reviendrait à masquer un défaut pérenne.

Savoir évaluer ce risque est un puissant argument à deux égards : cela vous positionne de suite comme un collaborateur de haut niveau, car vous dépassez votre cadre pour considérer celui de l’organisation. Ensuite, ce questionnement remet chacun à sa place. S’il vous appartient de veiller en premier lieu à votre équilibre personnel, il revient au manager de se préoccuper de l’organisation de son service.

Comment mesurer la pertinence d’une mission supplémentaire ?

Le processus est le suivant :

  1. Écouter jusqu’au bout sans interrompre
  2. Reformuler pour vérifier la bonne compréhension
  3. Prendre le temps de réfléchir
  4. Argumenter en objectivant les raisons de la décision
  5. Proposer et réfléchir ensemble à des alternatives mutuellement satisfaisantes

À l’étape 3, il est important de réfléchir à travers plusieurs critères. Voici quelques idées :

  • Intérêt personnel ? Approfondir une expertise, développer de nouvelles compétences, obtenir une certaine visibilité ?
  • Quelle charge de travail ? Compatibilité avec les missions actuelles ?
  • Quelle adhérence/cohérence/capitalisation possible avec les missions en cours ?
  • Quels sont les moyens mis à disposition ?

Dire NON et savoir l’expliquer…

Un cas de figure souvent rencontré pour une nouvelle sollicitation : il s’agit parfois de simplement compenser un manque de moyen. Et il arrive aussi fréquemment que le choix ne vous soit pas laissé.

Cela ne fait pas plaisir !

Dans ce cas, plutôt que de vous fatiguer à remettre en cause la décision, n’oubliez pas de négocier des contreparties, quelles qu’elles soient (prime, formation, jours de repos, etc.).

Surtout, veillez à ce que ces sollicitations ne se répètent pas et si c’est le cas, demandez-vous pourquoi cela tombe souvent sur vous et relisez en boucle cet article !

Se libérer de l’autocensure

C’est souvent la peur qui nous empêche de dire non : peur de décevoir, peur de mal faire, de réduire ses chances de progression, d’amoindrir l’image de soi…

C’est parfois aussi la culpabilité avec le sentiment d’être un piètre collaborateur ou la peur de blesser l’autre, surtout quand on entretient de bonnes relations avec le demandeur.

Une première réponse à cette autocensure est de bien donner corps à ses arguments comme évoqués précédemment. Il ne s’agit pas de faire preuve de mauvaise volonté, mais de décider là où vous serez le plus utile.

La seconde réponse est de bien comprendre qu’on ne dit pas non à l’autre, mais à la proposition, et ce, à nouveau, pour toutes les raisons objectives mentionnées ci-dessus.

Enfin, ne jamais oublier qu’en entreprise comme ailleurs, il n’y a pas de sauveur et qu’à l’impossible, nul n’est tenu. Adopter une telle posture est un frein pour soi et pour la performance de l’organisation.

Au final, sur ce sujet comme sur beaucoup d’autres, on en revient au leadership : savoir dire non, c’est se rapprocher de soi et c’est garder le contrôle sur ses propres objectifs.

[1] Si vous avez envie d’aller plus loin sur ce sujet, je vous invite à lire l’intéressant article de Marie Donzel paru sur Slate en 2015 http://www.slate.fr/story/100123/complexe-bonne-eleve.

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